Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 10:37

Je recommande vivement la lecture de cet article brillant qui a plusieurs mérite :

- il brise le tabou du libre-échange (qui serait une bonne chose avec un système monétaire adapté)

- il fait un lien précis entre la crise économique actuelle, le libre échange et le système monétaire mondial

- il propose des scénarios de sortie de crise réalistes

- il est d'une remarquable clarté tout en restant précis

Je vous invite de manière plus générale à lire les différents articles du site "chômage et monnaie" qui expliquent simplement et dans les détails le fonctionnement d'un système monétaire.

Par Alter 1er - Publié dans : crise économique
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Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 10:20

L'Histoire nous l'a montré, les états des pays en développement sont bien souvent malmenés par des tempêtes financières qui peuvent ravager leurs monnaies et leurs économies. La crise financière qui toucha l’Asie, puis les autres pays émergents par ricochet, en 1997 fut de celles-là.

On constate d’ailleurs que depuis 1971 et la fin des règles établies en 1944 à Bretton Woods (règles qui permettaient notamment aux états de fixer le taux de change de leur monnaie… et donc de ne pas être victimes des marchés financiers), ces crises monétaires se multiplient : 1994 au Mexique, 1997 en Asie, 1998 en Russie, bulle internet en 2000, 2001 en Argentine, crise des « subprimes » depuis 2007… Dans son livre "Making globlization work", Joseph Stiglitz propose des moyens de réguler en profondeur ce système profondément instable, dangereux… et probablement condamné à sa perte.

1- Le besoin d’une nouvelle monnaie mondiale

Tout part d’un constat simple : pour se préserver des retournements brutaux des marchés, les pays émergents doivent se constituer des réserves de dollars. De cette manière, même si leur monnaie vient à baisser rapidement, les dollars accumulés leur permettent de faire face à leurs obligations de paiement sans s’enfoncer dans la crise.

Une triste logique se met dès lors en place : les pays émergents devant absolument se constituer ces réserves de dollars, ils achètent des bons du Trésor américain (des produits financiers qui servent à financer le gouvernement des USA et qui se convertissent facilement en dollars en cas de besoin), c’est à dire qu’ils financent la dette de l’état américain ! Les pays qui ont le plus besoin d’argent sont donc obligés de prêter de l’argent aux Etats-Unis à des taux ridiculement bas.

Ceci a pour conséquence macro-économique de contraindre structurellement les Etats-Unis à émettre de la dette à travers le monde pour alimenter les réserves des pays étrangers en dollars : cela explique l’immense déficit de la balance commerciale américaine depuis près de 30 ans… déficit qui est par ailleurs une des causes profondes de la crise économique que nous vivons aujourd’hui.

Tout le monde est donc perdant à ce que le dollar (ou tout autre monnaie nationale) serve de monnaie de réserve mondiale : aussi bien le pays dont la monnaie est utilisée réserve, qui voit son économie condamnée aux déficits et à la désindustrialisation, que les autres pays qui gâchent une grande partie de leurs ressources financières dans des placements inutiles pour l’économie réelle.

Joseph Stigltiz reprend donc une idée qu’avait lancée Keynes lors de la préparation des accords de Bretton Woods : la création d’une monnaie mondiale. Keynes avait appelé sa monnaie « Bancor », Stiglitz nomme la sienne « billets verts mondiaux » (world greenbacks)… mais comme nous allons le voir, le nom importe moins que les principes.

2- Attribuer de manière juste et efficace la nouvelle monnaie mondiale

Une monnaie mondiale existe déjà, on l’appelle DTS (droits de tirage spéciaux) et elle est distribuée par le FMI. Elle a permis à plusieurs reprises de débloquer le commerce mondial coincé par un manque de dollars : le G20 de Londres a par exemple tout récemment décidé de la plus grande allocation de DTS qui n’avait jamais été faite. Le problème des DTS réside dans leur fonctionnement :

  • Ils sont injustes puisqu’ils sont attribués selon le nombre de voix au FMI qui n’est pas représentatif du poids ou des besoins des pays
  • Leur émission est sous droit de veto des Etats-Unis
  • Leurs émissions sont très insuffisantes et trop espacées dans le temps
  • Leur valeur est calculée d’après le dollar, le yen, la livre et l’euro : c’est à dire qu’elle est indirectement sous contrôle des pays qui émettent ces monnaies

Les « billets verts mondiaux » de Stiglitz seraient donc similaires aux actuels DTS mais avec quelques caractéristiques les débarrassant de leurs problèmes :

  • Ils seraient émis massivement et régulièrement (tous les ans)
  • Ils seraient liés aux réalités économiques actuelles : au niveau du PIB ou des importations par exemple
  • Ils seraient attachés à l’ensemble des monnaies des pays participants au système

Avec de telles mesures, le commerce et la finance auraient enfin un système monétaire stable et juste… ce qui serait une première historique ! Le monde serait surtout à l’abri de ces crises financières destructrices qui interviennent si régulièrement ces dernières années.

Par Alter 1er - Publié dans : alter-monétarisme
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /Sep /2009 20:54

Comme nous avons pu le voir par ailleurs, déterminer la bonne quantité de monnaie à injecter est fondamentale pour faire tourner la machine économique :
- émise en trop faible quantité, elle provoque la déflation... et la crise économique

- émise en trop grande quantité, elle mène à l'hyperinflation... et au chaos

En regardant l'histoire de l'économie, les périodes prospères semblent indiquer qu'une inflation comprise entre 2 et 5% est acceptable : une telle inflation incite les acteurs à la consommation et à l'investissement sans provoquer de phénomène "d'emballement" de l'inflation.

Une banque centrale qui piloterait complètement la quantité de monnaie en circulation (pour rappel, ce n'est pas le cas dans nos belles économies modernes) pourrait donc émettre (ou, de manière exceptionnelle, détruire) de la monnaie régulièrement de sorte à rester à l'intérieur de ces bornes d'inflation.

Par Alter 1er - Publié dans : création monétaire
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Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /Mai /2009 22:43
Il fut une époque où la monnaie était directement extraite de la nature : des coquillages (les cauris furent utilisés pendant plusieurs millénaires de la Chine à l'Afrique) ou, des graines de cacao ou des feuilles de thé compressées se sont révélés des instruments monétaires tout à fait acceptables sous bien des époques et des lattitudes différentes. L'or qui servit pendant si longtemps d'étalon à toutes les monnaies du monde dit civilisé, n'était lui-même qu'un fruit de la nature à peine transformé.

Mais dans notre doux monde moderne, où pousse donc cette belle monnaie qui glisse de carte bleue en compte Paypal ? Si l'on parle des billets, la réponse est simple : dans la banque centrale qui les propose aux banques sous forme de prêt à un tarif fixé par ses fameux taux directeurs. Cette quantité de monnaie est parfois appelée agrégat M0, monnaie papier ou encore monnaie centrale.

La monnaie ce n'est cependant pas que pas ça : l'argent de nos comptes en banque (les comptes courants, aussi appelés dépôts à vue), à coup de chèques, virements et autres paiements dématérialisés, peut aussi servir de monnaie sans avoir à être converti en billets. Et lorsque l'on fait le compte, cette monnaie dite scripturale (écrite dans des livres de comptes mais n'ayant pas de réalité physique) de nos comptes courants représente beaucoup plus que les simples billets. On appelle donc M1 cet agrégat monétaire qui, pour de nombreux économistes, représente la monnaie courante... mais comment est créé cette monnaie scripturale ?

Partant du constat que tous les gens ne vont pas retirer leur argent en même temps sous forme de billets, les banques peuvent se permettre de prêter plus d'argent que ce qu'elles possèdent effectivement. La législation les autorise à le faire, mais leur demande en contrepartie de respecter des règles permettant une certaine régulation du système. Une de ces règles est que la banque doit détenir un certain pourcentage de l'argent qu'on lui a confié sur un compte de la banque centrale.

Ainsi une banque française chez qui vous avez déposé 1000€ doit détenir 20€ (soit 2%) sur son compte à la banque centrale. Ceci dit, comme la banque sait que tous les clients ne vont pas retirer l'argent de chez elle au même moment sous forme de billets, elle peut se permettre de prêter une partie des 980€ restant. Par exemple, un client se présentant chez elle peut demander un prêt de 500€ pour mettre sur son compte courant. La banque, par un simple jeu d'écriture comptable, écrit qu'elle vous doit 500€ (vous pouvez retirer cet argent quand vous voulez, elle doit vous le verser) mais aussi que vous lui devez 500€ (plus les intérêts). On dirait que cet un jeu à somme nulle... mais du point de vue de M1 (le total des billets et des comptes courants), 500€ ont bel et bien été créés (et 2€50 ont été placés par la banque sur compte à la banque centrale si vous avez suivi) ! Ce qui crée l'argent scriptural, ce sont les emprunts faits par vous et moi dans les banques commerciales.

La masse monétaire courante M1 n'est donc pas contrôlée par l'état ou la banque centrale : elle est contrôlée par le marché du crédit. Nous avons vu l'importance de la masse monétaire totale par rapport à la croissance économique dans une précédente fable : confier son contrôle au marché du crédit signifie donc que ce marché régule correctement la masse monétaire... est-ce le cas ? Pas si sûr, mais cela fera l'objet d'un prochain billet.
Par Alter 1er - Publié dans : création monétaire
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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 13:21
La monnaie a des propriétés merveilleuses. On peut l'accumuler, la stocker, la conserver sans risque qu'elle ne s'abîme, qu'elle ne dépérisse, ou qu'elle ne rouille comme les marchandises qu'elle permet d'acheter. Ces propriétés sont néanmoins à nuancer : en période d'inflation, la monnaie "perd" de sa valeur par rapport aux marchandises dont les prix montent. Plus l'inflation est forte, plus on préfèrera posséder des choses que de la monnaie.

Au contraire quand les prix baissent, il est plus intéressant de conserver sa monnaie que d'acheter quoi que ce soit : le pouvoir d'achat d'une même quantité de monnaie augmentant chaque jour, faire ses courses demain coutera moins cher qu'aujourd'hui.

La réaction logique des gens en période de déflation est donc de thésauriser, de stocker sa monnaie. Mais en faisant cela, ils retirent de la monnaie du circuit économique... et cette diminution de la quantité de monnaie en circulation va encore faire baisser les prix ! Pierre-Joseph Proudhon décrivait ces périodes en disant que "l'argent se met en grève" : tout le monde est capable de produire et de consommer, mais l'argent refuse de sortir des coffres où il est enfermé !

Pour sortir de ce cercle vicieux, il faut inciter les possesseurs de monnaie à s'en servir. Là plusieurs options sont envisageables :
- injecter régulièrement de la monnaie, sans contrepartie, dans le système (technique dite de l'"helicopter drop") : cela va faire baisser la valeur de la monnaie, remonter les prix, inciter les bourses à se délier et refaire partir le commerce. Une technique à manipuler avec précaution, les gens pouvant perdre confiance dans la valeur de la monnaie si celle-ci baisse trop rapidement.
- donner une date de péremption à la monnaie : au delà d'une certaine date, les pièces et les billets ne sont plus utilisables (ou ont perdu une partie de leur valeur), ce qui oblige ceux qui les détiennent à s'en "débarasser" au profit de marchandises. C'est la notion de monnaie fondante, avancée en particulier par l'économiste Silvio Gesell.

Pour paraphraser Milton Friedman, on peut donc affirmer : "la déflation est partout et toujours un phénomène monétaire"... phénomène loin d'être neutre pour l'économie !
Par Alter 1er - Publié dans : création monétaire
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